Traversée de l’Olan (alpinisme et parapente)

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Alors l’idée c’était d’effectuer la traversée de l’Olan avec ma partenaire de cordée. On avait décidé de laisser la voiture à la Chapelle en Valgaudemar et monter au refuge de Fond Turbat par le col Turbat et non le trajet normal depuis le Désert en Valjouffrey pour récupérer la voiture facilement.

Les sacs sont lourds, mais nous mettrons moins de 5h ce qui est correct. Le col Turbat est un itinéraire de montagne, ça se désescalade bien mais ce n’est déjà plus de la randonnée. Nous le passerons dans la brume, en apercevant certains morceaux des 2 avions de chasse écrasés 30 ans auparavant ici. Voilà ce que ça donne vu du refuge le lendemain (col au milieu) :

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Réveil à 3h le lendemain et ma partenaire est fiévreuse, je ne lui mets pas la pression, c’est une longue course à ne pas négliger, on se recouche ! Repos toute la journée … et j’élabore le plan B :
J’ai un mariage de prévu le lendemain en Bourgogne, ma partenaire ne souhaite pas revenir, mais je peux ensuite revenir seul en laissant cordes mousquetons etc ici, car l’aide gardien que je connais me propose que l’on fasse la course ensemble. La météo annonce un créneau le lundi. J’envisage alors de monter avec ma voile et de la laisser de l’autre côté de la montagne pour le retour ! Sur le papier c’est chargé, mais ça peut le faire avec de la motive. La donne a changé, c’est désormais une belle combinaison alpinisme et parapente que je vise !

Vendredi : il faut redescendre mais il ne sera pas possible de repasser par le col Turbat puisqu’un orage dépose de la pluie pendant la nuit sur la paroi, il va donc falloir faire un grand grand tour en redescendant la vallée du Valjouffrey, repasser un col pour rejoindre la vallée du Valgaudemar et finir à pied ou en stop les 5 derniers kilomètres. On mettra 9 et 10h au total !

Samedi : direction la Bourgogne (4h30 de voiture) pour le mariage. Coucher tard dans la nuit (…), réveil à 7h pour repartir à Grenoble. Une douche, je prends mon sac de parapente et direction la Chapelle en Valgaudemar à nouveau. Il y a des bouchons, je suis crevé, envie de vomir, je m’endors à moitié au volant, je suis en retard et tout cela n’est pas raisonnable.  14h30 à la Chapelle, j’hésite à laisser mon parapente ou pas, cela me fait faire un bon détour, et je vais devoir cavaler pour arriver avant la nuit or j’ai besoin de sommeil … Allez, je le tente ! Rapidement je prends un très bon rythme, et mon corps suit, ça me rassure, désormais je suis dans mon trip. 1h15 pour monter au refuge de l’Olan au lieu des 3h annoncés, j’y dépose ma voile et je fonce vers le pas de l’Olan, je mettrai 3h45 au total pour rejoindre l’autre refuge, à l’heure pour le repas, niquel !! Lever 3h30 pour récupérer un peu, je me sens bien, et je suis content que pour l’instant mon plan se déroule comme prévu. La traversée se passera sans encombres, nous avançons à un bon rythme, et malgré le fait que c’est la première fois que nous faisons de l’alpinisme ensemble nous nous complètons parfaitement. Derrière une autre cordée (un guide et son client) parti 15min après nous est à bonne distance, nous serons donc seuls sur toute la traversée, génial.

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Cette course n’est pas trop dure, même s’il faut être vigilant et ne pas la prendre à la légère, y compris la descente, certains y passent un certain temps … On atteint le refuge plus tôt que prévu, il est midi, une bonne brise de 15km/h m’incite à décoller mais j’avais prévu de ne décoller que le lendemain matin pour passer la nuit là afin de les remercier de m’avoir gardé mon parapente, ça me gène d’annuler.  D’un autre côté je ne sais pas comment est le vent en vallée, si ça se trouve ça ronfle… mieux vaut être prudent (si, si, je peux l’être !)

Si vous voulez connaître l’atterro (renseignement pris au refuge, le copain de la gardienne est parapentiste), il faut regarder le grand champ à gauche du village, au milieu une sorte de petit rectangle cultivé, et de là un chemin Ouest-Est rejoint le village. Il faut atterrir sur ce chemin.

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Le lendemain matin, le mauvais temps est prévu pour la mi-journée, je compte sur une légère brise au déco. Perdu, le soleil n’arrive ici qu’à 10h environ, et le vent est léger cul. Je prévois d’attendre un peu mais je vois les premiers nuages arriver dans la vallée, alors je file me préparer. Brise descendante, les nuages avancent, je saute dans ma sellette. J’ai 5 min pas plus pour me décider, ensuite je ne verrai plus l’atterro…  Arghh, je rumine de ne pas avoir décollé hier midi, non, je n’ai pas fait tout ça pour ça, je vais y aller malgré le vent arrière. Les randonneurs se sont arrêtés pour me regarder. Et puis je sens d’un coup comme une légère baisse de vent, 2 sec après ma voile est au-dessus de ma tête et c’est parti. Le déco est assez facile, ça vole, bonheur !! Avec tout le matos que j’ai dans le sac à dos (cordes, mousquetons, fringues, piolet, crampons, etc) j’augmente mon PTV et n’ai jamais volé aussi lourd, j’ai l’impression que ma voile va bien plus vite même si je ne descends pas plus que d’habitude. Le vol est calme, j’en prends plein les yeux.  Par contre je n’avais pas prévu le fait que mon sac me tire en arrière et me déséquilibre, mes reins couinent ! Et je ne suis pas bien positionné pour la réception. Je sors de ma sellette et me mets debout, tenus aux suspentes pour me soulager un peu. Vallée en vue, atterro en vue, peu de vent, je pose juste au bout du chemin, à 50m de la voiture, niquel, un peu en glissade arrière mais je suis HEU-REUX ! Retour à Grenoble en début d’après-midi. Tout cette virée s’est passé comme prévu et même davantage, quel pied !! Et cerise sur le gâteau, c’était un vol qui célébrait pile poil ma cinquième dizaine de vols 🙂
Ci-joint le tracé :

En rouge trajet à pied par le col Turbat (1600D+,4h45)

En jaune le long trajet de redescente (2400D-,1300D+, 20kms, 9h),  en bleu le trajet en stop

En marron le trajet à pied 2j plus tard pour aller déposer le parapente puis rejoindre le refuge de Fond Turbat par le pas de l’Olan et le col Turbat (2000D+, 3h15)

En bleu clair, le trajet en alpinisme pour faire la traversée de l’Olan (4h30 pour le sommet, total 8h)

En violet le trajet en parapente pour retrouver la voiture (20 min)

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